Mercredi 22 juin 2005
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La dernière fois, nous en étions restés
à l'enjeu principal du texte de Menu : l'ouverture du
microcosme de la bande dessinée à d'autres
horizons, qui induisent une manière différente de
faire des livres, et la réticence et même la
résistance active de ce même microcosme
(éditeurs, auteurs, lecteurs) à cette ouverture.
Cette guerre de l'ouverture, elle se fait, pour les éditeurs et les lecteurs, sur le terrain de la qualité, d'une part, mais aussi sur un terrain social, ce qui est plus étonnant.
Qualité, donc. Et cette qualité, on doit la retrouver partout, c'est à dire autant sur le fond que sur la forme. Les deux éditeurs indépendants les plus connus, l'Association et Cornélius (on pourrait en citer d'autres, comme Frémok), ont aussi bâti leur réputation sur le "beau livre", par opposition au tout venant des gros éditeurs, au risque de se couper d'une partie du lectorat en pratiquant des prix élevés (qui se justifient parfaitement lorsque l'on tient le livre entre nos mains, qu'on ne se méprenne pas). Nous sommes dans une vision exigente de la bande dessinée, sur tous les points : fond, forme (de l'adaptation d'un titre étranger à la maquette, en passant par le papier...), fabrication.
Une exigence souvent prise pour de l'élitisme chez certains. C'est une accusation facile à faire, d'autant que J.C Menu tend le dos à ce genre d'attaques, en se positionnant selon ses propres mots "contre" une certaine bande dessinée mainstream (la collection poisson-pilote, Donjon, la collection à (suivre) en son temps trouvent grâce à ses yeux, par exemple. N'oublions pas non plus que Menu a commencé à lire de la bande dessinée avec Spirou. Il ne cache pas ses influences classiques), en opposant "BD" et "livre", Soleil et l'Association. On notera néanmoins la nuance réelle entre le terme "contre" , qui place Menu au même niveau que ses adversaires, et "au-dessus", qui désignerait à ce moment effectivement une élite. Menu se place "contre", mais aussi "en avant" des autres, se voulant défricheur. Défricheur de talents différents, et défricheur de nouvelles voies à explorer en bande dessinée.
Cette position des anciens éditeurs alternatifs a toujours été claire. Pourtant, alors que l'on n'en parlait pas ou peu il y a quelques années, elle dérange aujourd'hui, manifestement. Pourquoi? Parce que ces éditeurs ont de plus en plus de mal à avoir une visibilité décente en librairie. Aujourd'hui, une bande dessinée standard est mise en avant quelques jours avant d'être remplacée, parce qu'il y a le nouvel arrivage qui pousse, de plus en plus fort. Alors imagine, lecteur, la visibilité d'un livre d'un éditeur alternatif. Tout cela sans compter que les petits ont toujours privilégié le long-terme et la valorisation de leur fond. Fond qui n'est plus une des préoccupations principales de la plupart des librairies, remplacée malheureusement par la recherche frénétique de place pour mettre les dizaines de nouveautés de la semaine.
La réaction logique de cet état de fait, c'est la prise de parole de plus en plus fréquente et de plus en plus virulente des aggressés : refus d'envois de Service presse, sortie de Plate-bandes, communiqué de presse annonçant le boycott de ces éditeurs de la fête de la BD..., les petits souhaitent faire prendre conscience au lectorat de la situation préoccupante dans laquelle se trouve le monde de la bande dessinée.
Cette guerre de l'ouverture, elle se fait, pour les éditeurs et les lecteurs, sur le terrain de la qualité, d'une part, mais aussi sur un terrain social, ce qui est plus étonnant.
Qualité, donc. Et cette qualité, on doit la retrouver partout, c'est à dire autant sur le fond que sur la forme. Les deux éditeurs indépendants les plus connus, l'Association et Cornélius (on pourrait en citer d'autres, comme Frémok), ont aussi bâti leur réputation sur le "beau livre", par opposition au tout venant des gros éditeurs, au risque de se couper d'une partie du lectorat en pratiquant des prix élevés (qui se justifient parfaitement lorsque l'on tient le livre entre nos mains, qu'on ne se méprenne pas). Nous sommes dans une vision exigente de la bande dessinée, sur tous les points : fond, forme (de l'adaptation d'un titre étranger à la maquette, en passant par le papier...), fabrication.
Une exigence souvent prise pour de l'élitisme chez certains. C'est une accusation facile à faire, d'autant que J.C Menu tend le dos à ce genre d'attaques, en se positionnant selon ses propres mots "contre" une certaine bande dessinée mainstream (la collection poisson-pilote, Donjon, la collection à (suivre) en son temps trouvent grâce à ses yeux, par exemple. N'oublions pas non plus que Menu a commencé à lire de la bande dessinée avec Spirou. Il ne cache pas ses influences classiques), en opposant "BD" et "livre", Soleil et l'Association. On notera néanmoins la nuance réelle entre le terme "contre" , qui place Menu au même niveau que ses adversaires, et "au-dessus", qui désignerait à ce moment effectivement une élite. Menu se place "contre", mais aussi "en avant" des autres, se voulant défricheur. Défricheur de talents différents, et défricheur de nouvelles voies à explorer en bande dessinée.
Cette position des anciens éditeurs alternatifs a toujours été claire. Pourtant, alors que l'on n'en parlait pas ou peu il y a quelques années, elle dérange aujourd'hui, manifestement. Pourquoi? Parce que ces éditeurs ont de plus en plus de mal à avoir une visibilité décente en librairie. Aujourd'hui, une bande dessinée standard est mise en avant quelques jours avant d'être remplacée, parce qu'il y a le nouvel arrivage qui pousse, de plus en plus fort. Alors imagine, lecteur, la visibilité d'un livre d'un éditeur alternatif. Tout cela sans compter que les petits ont toujours privilégié le long-terme et la valorisation de leur fond. Fond qui n'est plus une des préoccupations principales de la plupart des librairies, remplacée malheureusement par la recherche frénétique de place pour mettre les dizaines de nouveautés de la semaine.
La réaction logique de cet état de fait, c'est la prise de parole de plus en plus fréquente et de plus en plus virulente des aggressés : refus d'envois de Service presse, sortie de Plate-bandes, communiqué de presse annonçant le boycott de ces éditeurs de la fête de la BD..., les petits souhaitent faire prendre conscience au lectorat de la situation préoccupante dans laquelle se trouve le monde de la bande dessinée.
Par tibou
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Publié dans : Le Feuilleton des éditeurs
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