Recommander

W3C

  • Flux RSS des articles
Mercredi 22 juin 2005 3 22 /06 /Juin /2005 00:00
La dernière fois, nous en étions restés à l'enjeu principal du texte de Menu : l'ouverture du microcosme de la bande dessinée à d'autres horizons, qui induisent une manière différente de faire des livres, et la réticence et même la résistance active de ce même microcosme (éditeurs, auteurs, lecteurs) à cette ouverture.

Cette guerre de l'ouverture, elle se fait, pour les éditeurs et les lecteurs, sur le terrain de la qualité, d'une part, mais aussi sur un terrain social, ce qui est plus étonnant.

Qualité, donc. Et cette qualité, on doit la retrouver partout, c'est à dire autant sur le fond que sur la forme. Les deux éditeurs indépendants les plus connus, l'Association et Cornélius (on pourrait en citer d'autres, comme Frémok), ont aussi bâti leur réputation sur le "beau livre", par opposition au tout venant des gros éditeurs, au risque de se couper d'une partie du lectorat en pratiquant des prix élevés (qui se justifient parfaitement lorsque l'on tient le livre entre nos mains, qu'on ne se méprenne pas). Nous sommes dans une vision exigente de la bande dessinée, sur tous les points : fond, forme (de l'adaptation d'un titre étranger à la maquette, en passant par le papier...), fabrication.

Une exigence souvent prise pour de l'élitisme chez certains. C'est une accusation facile à faire, d'autant que J.C Menu tend le dos à ce genre d'attaques, en se positionnant selon ses propres mots "contre" une certaine bande dessinée mainstream (la collection poisson-pilote, Donjon, la collection à (suivre) en son temps trouvent grâce à ses yeux, par exemple. N'oublions pas non plus que Menu a commencé à lire de la bande dessinée avec Spirou. Il ne cache pas ses influences classiques), en opposant "BD" et "livre", Soleil et l'Association. On notera néanmoins la nuance réelle entre le terme "contre" , qui place Menu au même niveau que ses adversaires, et "au-dessus", qui désignerait à ce moment effectivement une élite. Menu se place "contre", mais aussi "en avant" des autres, se voulant défricheur. Défricheur de talents différents, et défricheur de nouvelles voies à explorer en bande dessinée.

Cette position des anciens éditeurs alternatifs a toujours été claire. Pourtant, alors que l'on n'en parlait pas ou peu il y a quelques années, elle dérange aujourd'hui, manifestement. Pourquoi? Parce que ces éditeurs ont de plus en plus de mal à avoir une visibilité décente en librairie. Aujourd'hui, une bande dessinée standard est mise en avant quelques jours avant d'être remplacée, parce qu'il y a le nouvel arrivage qui pousse, de plus en plus fort. Alors imagine, lecteur, la visibilité d'un livre d'un éditeur alternatif. Tout cela sans compter que les petits ont toujours privilégié le long-terme et la valorisation de leur fond. Fond qui n'est plus une des préoccupations principales de la plupart des librairies, remplacée malheureusement par la recherche frénétique de place pour mettre les dizaines de nouveautés de la semaine.

La réaction logique de cet état de fait, c'est la prise de parole de plus en plus fréquente et de plus en plus virulente des aggressés : refus d'envois de Service presse, sortie de Plate-bandes, communiqué de presse annonçant le boycott de ces éditeurs de la fête de la BD..., les petits souhaitent faire prendre conscience au lectorat de la situation préoccupante dans laquelle se trouve le monde de la bande dessinée.
Par tibou - Publié dans : Le Feuilleton des éditeurs
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Lundi 20 juin 2005 1 20 /06 /Juin /2005 00:00

2. Microcosme

C'est le grand cheval de bataille de Menu. On ne compte plus les phrases contenant ce mot dans son livre. Le monde de la bande dessinée serait donc un microcosme, un groupe de personnes n'aimant pas beaucoup s'ouvrir au monde, ayant ses propres codes... Vrai? Faux?

Vrai. Au moins en partie. Et cela date. Il faut dire, à la décharge des intervenants de ce milieu, que la bande dessinée a longtemps été un objet de moquerie, voire de rejet. On ne compte plus les gags d'Achille Talon fistigeant avec humour les piques, voire les accusations dont les auteurs de bande dessinée et le médium lui-même ont été victime. Les traces subsistent encore aujourd'hui. Les poncifs : "La bédé, c'est pour les gosses", "Tiens, tu lis ça, toi? T'es retombé en enfance?", "Tu fais quoi? Auteur de bande dessinée? Et ton vrai métier, c'est quoi?", nous les avons tous entendus, parfois ils nous étaient addressés. mais ce ne sont plus que des paroles sans réelle substance aujourd'hui, par rapport à il y a une 30aine d'années, des vestiges.

Mais cette persecution a eu un effet très pervers. Le monde de la bande dessinée (auteurs, éditeurs et lecteurs), se sentant rejeté, s'est replié sur lui-même, s'est fermé petit à petit autour d'un noyau dur. Se sont créées les librairies spécialisées où les lecteurs de bandes dessinées ne se mélangent pas avec les autres lecteurs, et n'ont pas à subir leurs piques. Les albums restent à la maison, de toutes façons, ils ne sont pas pratiques à transporter, surtout maintenant qu'ils sont cartonnés. Chaque fois qu'un journal daigne s'intéresser à la BD, c'est un massacre. De toutes façons, ils n'y comprennent rien, ils ne songent qu'à taper sur ce que l'on aime. Le phénomène de la collection accentue ce repli, créant un fétichisme de l'objet. La collection se montre à des personnes qui sauront comprendre. Et les éditeurs et les libraires encouragent ce phénomène : Tirage de luxe, TT, Ex-libris, éditions limitées, para-bd... la collectionnite s'entretient, elle rapporte.

Et puis on arrive dans la deuxième moitié des années 90. Le public s'élargit. Un âge d'or commence, sur beaucoup de points. On tape de moins en moins sur la bande dessinée franco-belge, de toutes façons, on a trouvé une autre tête de turc : le manga. C'est la mode, on fracasse le manga, y compris chez les lecteurs de franco-belge. Ben oui, c'est pas de la bd, ça, regardez moi c't'objet tout ptit, imprimé sur du papier-cul, et des dessins tout moches même pas en couleur. J'exagère? Souvenez-vous bien...

On pourrait croire que ce petit monde sauterait sur la première occasion de s'ouvrir à nouveau. C'est sans compter les habitudes tenaces. Quand un article paraît, aujourd'hui, dans la presse non-spécialisée, il y aura toujours du monde pour dire que le rédacteur n'y connaît rien. Il y en aura d'autres pour s'énerver que l'on interroge toujours les mêmes. Les librairies bd restent spécialisées en bd, ou, quand elles s'ouvrent, c'est souvent à des littératures que l'on a décrié de la même façon : SF, fantasy... La collectionnite se répand, certaines librairies faisant peur chiffre sur les statuettes et tout le para-bd plutôt que sur les albums eux-mêmes.Le standard, comme on l'a vu hier, à la vie dure, malgré ses défauts rhédibitoires, et reste le format privilégié par la plupart des lecteurs. Bref, le monde de la BD n'a, dans sa majorité, pas envie de s'ouvrir. On a voulu, il y a longtemps, l'enfermer dans une case "sous-culture pour ados attardés". On dirait que la case a plu, puisque beaucoup s'y complaisent aujourd'hui.

Voila la bataille principale. Celle du format, évoquée hier, n'en est qu'une conséquence. L'enjeu aujourd'hui, c'est de savoir si la bande dessinée est capable de passer le cap de la culture de niche, de la sous-culture, n'ayons pas peur des mots, et de s'ouvrir à ce qui l'entoure. Je ne parle pas des oeuvres. Les grands livres sont là. Je parle des acteurs : éditeurs, auteurs ET lecteurs. C'est là le propos de Menu, c'est là que la guerre des éditeurs et des lecteurs prend racine, pas ailleurs.

La suite ne sera pas pour demain, j'ai envie de parler d'autre chose, demain :o). Disons dans deux jours.


Par tibou - Publié dans : Le Feuilleton des éditeurs
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 19 juin 2005 7 19 /06 /Juin /2005 00:00
On vit une époque formidable. Du moins en bande-dessinée. Ca couvait depuis pas mal d'années, mais là, ça y est, c'est presque une guerre ouverte qui a lieu devant nos yeux. Guerre d'éditeurs, guerre de visions de la bande-dessinée, stigmatisée par deux mecs qui n'ont pas leur langue dans leur poche : Jean-Christophe Menu, responsable et l'un des membres fondateurs de l'Association, et Mourad Boudjellal, grand patron des éditions Soleil. Et tout ça à propos de quoi? mais de plein de choses, ami lecteur, c'est bien ce qui rend cette bataille passionnante, et les réactions des professionnles et des lecteurs si passionnées.

On a l'impression que ce qui a mis le feu aux poudres, c'est la sortie de ce petit livre rouge avant Angoulême.
plates-bandes
Certes, Plates-Bandes fut le déclencheur, tout le monde et n'importe qui se devant de donner son avis sur ces 70 pages, qu'il ai lu le livre, ou non, d'ailleurs. Mais les tensions existaient déjà, bien entendu, et elles se fasaient de plus en plus visibles.

Je ne vais pas m'essayer à un essai, lecteur, ce n'est certainement pas le but de ce blog. Néanmoins, il me paraît important de décortiquer un peu la situation actuelle, en prenant 2 points de référence principaux. Le premier est le susnommé Plates-Bandes qui fait la joie de beaucoup de gens et subit la vindictes de beaucoup d'autres. Le second sera le livre Les éditeurs de bande-dessinée, paru récemment chez Niffle. Un bouquin loin d'être parfait et qui fleure bon le bisounours, parfois, mais qui a le mérite de parfois receler quelques propos intéressants. Pourquoi cet antagonisme Association/Soleil, antagonisme simplifié et amplifié (un grand principes des forums,ça!) à l'extême par les intervenants de tous bords, mais aussi, et là c'est plus grave, par certains professionnels ? A leur tête nos grands amis d'ActuaBD, qui ne crachent jamais sur une bonne polémique bien dodue, et qui si possible tentent de la faire éclater, afin qu'elle éclabousse un peu partout. Ces mecs sont très forts!

les éditeurs de bande dessinée

Bien. Plates-Bandes. Un petit bouquin qui aura fait du bruit, tout d'abord parce que Menu tape. Oh, pas autant qu'on pourrait le croire. Mais il tape. Sur Soleil, bien entendu, et son superbe house organ (:o) ) Bandes dessinées Magazine, sur Casterman et sa collection Ecritures, et même sur certains petits éditeurs. Pour autant, la provocation ne doit pas dépasser 6 ou 7 pages sur les 70 qui composent le livre. L'essentiel est ailleurs? Oui et non. Parce que Menu tape juste, et fournit des arguments, qui dessinent des enjeux essentiels pour la bande dessinée de demain.
  1. Le format.
     
Menu excècre ce qu'il appelle le 48CC, le 48 pages cartonné couleur, tout d'abord parce qu'il s'agit d'un standard, et qu'"un standard, c'est mesquin, c'est bête comme un troufion au garde à vous" (JC Menu, in Les éditeurs de bande dessinée). Le 48 CC en est un parfait exemple. Proche du livre pour enfants (et pour cause, la bande dessinée s'adressait aux enfants en priorité, jusqu'à assez récemment), il est devenu le standard général, y compris pour la bande dessinée pour ados/adultes. Pagination insuffisante, carton inutile et surabondant, couleurs obligatoires, format aggrandi pour le vendre plus cher et faire "objet de luxe", prix élevé, caressage du collectionneur dans le sens du poil (pas d'albums qui dépassent dans la bibliothèque, dos harmonisés...)... Ce format accumule les tares et paraît de plus en plus idiot dans un marché de la bande dessinée de plus en plus diversifié, où le manga au format de poche et à la pagination importante ne cesse de prendre de l'importance. Ceci sans compter la tendance actuelle à faire de plus en plus des albums "à suivre", pour compenser leur taille réduite. Une aberration au sein d'une aberration, quoi.

Le gros lecteur est néanmoins difficile à convaincre. Il aime bien se retrouver en terrain connu. Pourtant, un paradoxe est apparu depuis quelques temps sur les forums de bande dessinée. Le lecteur a soif de reconnaissance. Il veut que l'on reconnaisse sa passion à sa juste valeur, que la bande dessinée soit considérée comme un art, et non une sous-culture pour adolescents attardés. Mais quel est un des principaux facteurs de cet état de fait, sinon ce standard à la con? Ah, il a l'air malin, le lecteur de bande dessinée avec son bouquin sous le bras, qu'on dirait un Martine à la campagne! Quoi? c'est fait pour les adultes? Ben pourquoi il y a plus de carton que de papier, alors? Les bédéphiles sont-ils si peu soigneux qu'il faille faire comme pour les gosses, renforcer le livre? Le standard contribue fortement à cantonner la bande dessinée dans un rôle de truc amusant et sympa (!) qui ne lui sied plus, s'il a jamais été seyant, d'ailleurs...

Le premier enjeu repose donc sur la forme, car elle conditionne complétement le fond. Des tentatives timides pour changer tout cela arrivent depuis quelques années, telles la collection "Ecritures" de Casterman, Tohu Bohu chez les Humanos ou les "Double expresso" chez Dupuis. On reste néanmoins dans un standard avec ces collections (cf. les nombreux exemples de livres que l'on a "forcé" à rentrer dans la collection "Ecritures", récemment, comme Julius Knipl ou Un Américain en Ballade), on ne fait que le changer. Menu fustige d'ailleurs Casterman en partie pour cette raison (l'autre étant le pompage assez évident de la maquette dela collection Ciboulette) Mais la diversification commence, et elle ne s'arrêtera certainement pas. Tout cela bouscule l'hégémonie du 48CC, qui n'est certes pas encore en danger, mais pourraît bien le devenir dans les années à venir, heureusement. De toute façon, la Franco-belge n'a pas le choix. Si le secteur ne repense pas sa manière de faire des livres, la déferlante manga de ces dernières années se poursuivra et finira par dominer complétement le marché, avec ce format poche à pagination importante et prix modeste.

Et ce n'est pas la tentative ridicule de Dargaud de faire du simili-manga en grand format cartonné qui va arranger les choses...

Bon, je m'aperçois, lecteur, que ça va être un peu long, alors je vais couper là. On va faire un grand feuilleton :o).

J'ai bien l'impression quand même que je suis en train de faire un essai, même si je m'en défend... Je t'ai menti, lecteur. Tant pis, va falloir supporter :o). Peut-être même que j'en ferai une version plus travaillée après pour Artelio. On verra.
 
Par tibou - Publié dans : Le Feuilleton des éditeurs
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Samedi 18 juin 2005 6 18 /06 /Juin /2005 00:00
sparkle and fade

Un album miraculeux, mais peut-être pas dans le sens où on l'entend habituellement. Parce qu'Everclear cumule. Créé en 92 par trois gars de Portland qui réalisent un premier album en réseau indé. La galette passe inaperçue, sauf chez Capitol. Personne n'étant parfait, et surtout pas les majors, la maison de disque décide de les intégrer dans leur écurie.

Et pour cause, Everclear s'est pris Bleach et surtout Nevermind de Nirvana en pleine gueule, et a décidé, comme ça bêtement, de marcher dans les pas du phénomène de l'époque. Déjà, comme connerie, ça se pose là. Mais qu'à cela ne tienne, certains autres s'en sont plutôt pas mal sortis, même avec ce gros handicap.Les Stone Temple Pilots, par exemple qui, après avoir fourni du clone de grunge sur deux albums certes sympathiques, mais loins d'être transcendants, se sont enfin décidés à se sortir les doigts du cul et nous ont offert Tiny Music..., une petite pépite de rock décomplexé et inventif.

Manque de bol, Everclear n'est pas Stone Temple Pilots. Leur truc à eux, c'est de prendre les grosses guitares et les accords simples de Nirvana, et d'en retirer le côté sombre. Du sous-Nirvana auquel on a enlevé la substantifique moelle, cette rage qui frappe direct au plexus et qui représente tout l'intérêt du trio de Seattle.

Oué, Everclear était mal barré: 3 bouseux de l'Oregon qui jouent fort des mélodies légères oubliées trois minutes plus tard. C'est donc un véritable miracle si ce Sparkle and fade n'atteint pas des sommets de merde auditive que semblaient viser les musiciens, et ce malgré leurs louables efforts en ce sens.Mieux, Ils réussissent l'exploit d'attirer parfois l'attention de la bonne âme daignant se pencher sur leur cas (pas trop longtemps quand même, hein). Alors certes, on plonge très profondément dans le ridicule avec les singles extraits de l'album, , Heroin Girl et surtout Santa Monica, ballade pop-grunge écoeurante comme une guimauve trop sucrée. La barre de la bouse est mise très très haut!

Calculateurs, les Everclear : chaque morceau s'écoute comme un single radio : 4 minutes maxi, un refrain facilement assimilable, un son bien propret... le Grunge d'ascenseur est né! C'est d'autant plus dommage quand on écoute les quelques bons morceaux de l'album. Parce qu'il y en a. C'est là le miracle! Témoins ce You make me Feel like a Whore tendu et sautillant, ou Summerland, qui s'évade vers des contrées un poil plus obscures et déroge (un peu) au moule Everclearien dans sa structure. Ca ne fait pas de Sparkle and Fade un bon album, loin de là, ces quelques rares titres ressemblant plus à un accident qu'à autre chose. Mais on se prend à trouver cet album plaisant, un peu par pitié, comme on prend en sympathie les efforts vains d'un gamin qui cherche à atteindre la tablette de chocolat que maman a posé hors d'atteinte. C'est que c'est émouvant, ces petites mimines qui battent l'air pour un résultat aussi vain que prévisible.

everclear

Pourtant, ces accidents instillent le doute dans nos têtes : ne se serait-on pas trompé sur Everclear? Ces morceaux sont-ils l'ébauche maladroite d'une oeuvre qui pourrait être captivante? A ces deux questions, le trio de Portland s'est échiné à répondre deux tonitruants "NON" en sortant bouse pop sur bouse grunge sur bouse tout court. Ouf, on ne s'était pas trompés, on a eu chaud, la morale est sauve.

Moi j'aime bien les happy ends :o)

bon allez, si tu es sage, la prochaine fois on s'attaque à un monument du ridicule post grunge, j'ai nommé ...*roulements de tambours* CREED, et son chanteur manifestement asthmatique (c'est pas possible de respirer aussi fort dans un micro, ya un truc) qui s'est fait greffer les cordes vocales d'Eddie Vedder, mais qui semble être en train de pousser sa crotte à chaque fois qu'il lui prend l'idée saugrenue de chanter. Et je ne te parle même pas des clips, ami lecteur!

On va se marrer, je te dis que ça :o)
Par tibou - Publié dans : bouquins, disques...
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 17 juin 2005 5 17 /06 /Juin /2005 00:00
Ahahahaha, les joies d'internet! Si je te disais lecteur, que je suis une buse complète en tout ce qui concerne l'ordinateur, et que j'ai passé deux heures hier à simplement comprendre comment faire un kjhdiuhfl de copier/coller sur ce ijhwfojfwm de blog, me croiras tu? Et bien tu le dois. Mais c'est bon, ménant. Je maîtrise. Alors toi lecteur, qui pouffe sur ton ordinateur en lisant ces lignes (oui oui, cubik, je te vois :) ) , sache que les moqueries et autres joyeusetés seront traitées avec le mépris hautain qui me caracctérise et une arrogance de bon aloi. Tu es prévenu, lecteur. Bon, maintenant ayé, j'envoie la purée.

Il y a quelques années (en 2002 pour être précis) sortait un album, l'un des premiersde la nouvelle collection de Casterman, Ecritures. T'en souviens-tu, lecteur? Oh, il n'a pas fait énormément parler de lui, malgré une qualité manifeste, bouffé qu'il fut par le rouleau compresseur Quartier Lointain. Narrant les déboires d'un couple britannique au chômage dans les vertes (enfin plutôt noires, c'est un bassin houiller, là-bas) contrées des West Midlands, Breakfast After Noon nous balance surtout le talent énorme d'Andi Watson en pleine face (et c'est là aussi qu'on voit que je choisis mes titres comme personne).



Ce qui frappe avant tout chez Watson, c'est la grande concision qu'il apporte dans tous les secteurs de son travail. Le trait en lui-même, très épuré et stylisé. La mise-en-page ensuite, très sobre, qui accompagne parfaitement le récit d'une relation qui se délitte lentement. Parce que, non content d'être un putain de dessinateur, Ce monsieur se paie le luxe de nous servir une histoire bluffante de justesse. Tout y est : le quotidien de Rob et Louise déroule sous nos yeux à un rythme lent, fait ressentir le temps qui passe. Quelques rares temps forts viennent relancer l'histoire au bon moment. Surtout, Watson, par ce refus presque total du spectaculaire et l'attachement aux petites choses de tous les jours, les frustrations, les petites vexations quotidiennes, tisse un lien profond entre les personnages et le lecteur, s'aventure dans le domaine complexe de la relation à l'être aimé, et en dépeind magistralement l'usure chaque jour un peu plus profonde.

Bref, je ne vais pas aller par 4 chemins, lecteur, plus je lis Breakfast After Noon, plus je me dis qu'il s'agit d'un livre rare, écrit par un gars qui a tout compris à ce qu'est la bande dessinée.

Et comme Casterman a l'air de ne pas vouloir éditer un peu plus de bouquins de ce grand monsieur, il va falloir aller piocher du côté de la V.O pour dénicher ses autres perles, et comprendre un peu son parcours.

Watson a travaillé pour deux maisons d'édition. La première, c'est Slave Labor graphics, où ont été publiés ses premiers travaux : Samouraï Jam, et les Skeleton Key. Je te confesse, lecteur, que je n'ai pas encore jeté un oeil sur ces livres-là. Honte à moi. Puis il y a Slow News Day, sorti en 2002, qui se rapproche énormément de Breakfast Afternoon dans le ton. Et il s'agit tout simplement du meilleur album d'Andi Watson. Comme souvent chez lui, la trame de fond (une jeune américaine part travailler dans un journal local au fin fond de triffouillis les oies, Angleterre, et pense terminer là-bas le script de la sitcom qu'elle écrit en collaboration avec son petit ami) sert de pretexte à narrer une relation homme/femme. Watson est graphiquement au sommet. Il a atteint ce stade ou chaque trait fait sens, modifie subtilement l'expression du visage, la silhouette... Comme dans Breakfast After Noon, c'est le rythme de la relation, les changements minuscules dans l'attitude de chaque personnage envers l'autre qui donne le tempo du livre. Une amitié qui se noue, et qui devient imperceptiblement autre chose. C'est précisément cette discretion, ce côté imperceptible qui donne toute sa saveur aux livres d'Andi Watson.

slow  news day

La seconde, c'est Oni Press. Ici ont été publiés Geisha, un livre un peu hybride, entre SF et vie quotidienne. Le trait de Watson a cette époque se rapproche du manga, par l'usage du SD, principalement. On suit les péripétie d'une jeune androïde artiste, dans un monde où les synthétiques sont des objets sexuels. Elle deviendra garde du corps pour un mannequin, et se retrouvera embringuée dans une histoire de mafia. Disons-le, ce n'est pas le Comic le plus intéressant de son oeuvre. Son trait se cherche encore beaucoup, le découpage a tendance aussi à se rapprocher de celui du manga, avec beaucoup d'effets pour pas grand chose. Watson tente déjà d'épurer son récit, mais trop de déchets persistent. Sur ce point, les nouvelles autour de Geisha en fin de volumes sont bien plus satisfaisantes. Pas un mauvais album, mais un album un peu brouillon, au style pas encore vraiment maîtrisé.
 geisha

Puis vient Breakfast After Noon dont je t'ai parlé précédemment, lecteur. Et puis le petit dernier, qui étonne beaucoup : Love Fights. Pour la première fois dans ses travaux indé, Watson aborde le super-héros. Oh, pas pour faire du comic de super-héros, non, pas du tout, mais pour le confronter à la réalité. DAns cet univers, les super-héros sont les people, et ont chacun leur propre comic-book. Le héros dessine le comic du Flamer, l'héroïne bosse pour le Voici des super-héros, nommé Expose. Love Fights, c'est avant tout une histoire d'amour, une romance qui se met en place. Mais c'est aussi plus que cela. A travers son héros dessinateur, Watson démonte le mythe du super-héros d'une manière inédite, se moquant ouvertement du système d'édition des grosses boîtes Marvel et DC, de leur continuité inepte et inutile, des ficelles scénaristiques grosses comme des cables d'amarrage de paquebot, des fanboys prêts à tout pour avoir la rareté qui manque à leur collection tout cela simplement en confrontant ces icones aux gens de tous les jours, avec leurs préoccupations de tous les jours. Si Love Fights n'est pas parfait, tombant parfois dans le piège de se complaire dans ce qu'il veut casser, il possède une fraicheur unique.
love fightslove fights 1

Et puis Watson a aussi travaillé pour dark Horse, surtout pour la série Buffy, mais j'avoue, lecteur, n'y avoir pas jeté un oeil. Mais tu sais ce qu'il te reste à faire, hein? Cours, lecteur, cours! Lis donc Breakfest After Noon, et si tu l'as déjà fait, rue toi sur Slow News day. Hophophop.
Par tibou - Publié dans : bouquins, disques...
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mercredi 15 juin 2005 3 15 /06 /Juin /2005 00:00
Bon, voilà... Ca me trottait dans la tête depuis un bout de temps, maintenant. Il y a un moment où il faut arrêter de se secouer la nouille et entrer dans le bain, se frotter un peu à quelque chose de plus direct (au niveau de l'écriture et des réactions) de ce que j'ai l'habitude de faire ailleurs. Ca peut ne pas donner grand chose, ça peut (et ça sera probablement) plus que chiant, mais j'm'en fous, je suis chez moi, et chez moi, je me ballade à poil, si je veux.

Ca m'étonnerait qu'il y ai beaucoup de ma vie dans ce blog. C'est pas le but, z'êtes prévenus. Et puis je suis timide. Vachement, même. Alors niet. Nada. Pis c'est tout.

edit : Hahem... oui, ben on disait que je m'étais trompé et que j'avais le droit, ok ? et que sinon, je t'emmerdais, aussi.

On parlera bd, musique, livres, peut-être même que si vous êtes sages j'étalerai mon inculture en cinéma. On verra. Ca se fera à l'envie, au feeling, selon l'humeur du moment, suivant l'état de mes troubles gastriques, même, peut-être (reédit : La prémonition, c'est fort. Je suis sur le cul). Et on verra si une vague forme, un semblant d'ordre se dessine derrière tout cela. Si c'est le cas, j'en serai ravi, et j'enfourcherai mon fidèle et blanc destrier pour me conduire, le cheveu au vent et le sourire fier, vers de nouvelles aventures. Sinon, je rangerai ce blog dans un placard poussiéreux et je le ressortirai dans 40 ans, pour faire rire mes petits enfants ("Alors t'as pas menti, papy, t'étais déjà un gros naze quand t'étais jeune!" "Oulah, attention, j'étais qu'un embryon de naze à l'époque! tu vois, ptit con, un gros naze, c'est comme un bon Bordeau, il faut lui laisser le temps de mûrir").

"On verra bien". En attendant, bienvenue les gens.
Par tibou - Publié dans : tiboudblog
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus