Wolverhampton, mon amour, Wolverhampton, je t'aimerai toujours

Publié le par tibou

Cher lecteur, connais-tu Wolverhampton?

Non?

Honte à toi!

Wolverhampton, c'est une charmante bourgade bucolique et champêtre à quelques kilomètres de Birmingham, et...


Non, je m'ai trompé.

En fait, Wolverhampton, c'est tout moche. Et pis pas bucolique. Et pas champêtre, parce que c'est tout près d'un bassin houiller. Pour te dire, lecteur, Wolverhampton, en Angleterre, c'est un peu le trou du cul du monde pour eux. Un peu comme Toul ou Bar-le-Duc chez nous, mais avec des mines de charbon en plus. Je crois pas que Madonna y passe ses vacances.


Et Wolverhampton, ça a été chez moi pendant un an. Ma dernière année d'études (enfin...L'année où j'ai eu mon diplôme sans étudier, quoi) Alors pendant un an, ça a été une ville bien. Maintenant, c'est de nouveau tout pourri. Tant pis pour eux. Je sais qu'ils me pleurent encore aujourd'hui, mais tant pis pour eux.


Mon quartier à Wolverhampton, c'était ça :



j'te fais même le tour du proprio, parce que je suis sympa.


-1 : Le stade de foot, où que l'équipe de Wolverhampton, les Wolves ils jouent au foot, et même qu'y a un tas de gens qui crient et nous empêchent de faire la sieste l'après-midi. Tout le temps ya des policiers moches et des gens saoûls et des fois ya un hélicoptère pour voir les gens saoûls qui se mettent leur race entre eux et qui se jettent des frites et des saucisses. Les supporters, ça sait s'amuser.

-2 : C'est chez moi. Ça s'appelle Randall Lines House. Surnommé ''chez les prolos''. C'est là qu'on finit les soirées, pasque quand même les anglais, ils savent pas se coucher tard, et qu'on peut entrer dans la cité u comme dans un moulin, les seules portes qui ferment à clé étant celles des chambres..

-3 : L'autre cité u. Surnommée : ''chez les bourges'', parce qu'eux ils ont 2 douches pour 6 alors que nous on en avait une pour douze. Chaque ''appart'' de 6 a une porte qui ferme à clé, alors c'est chiant pour finir les soirées là bas. En plus, les gens là bas ils nous aiment pas. Paraît qu'on ferait du bruit. Mais c'est des menteries.

-4 : ''Chez les gros bourges'', aussi nommée ''Le bunker''. Pour entrer, faut passer 4 portes blindées avec des caméras de surveillance. Je pense qu'il y a un coffre fort au sous-sol avec le trésor caché de la Reine. j'ai dû y entrer une fois, ça a pris ¼ d'heure. Pire qu'à la douane.

-5 : L'université, mais on s'en fout, on y va jamais.

-6 : Le bar du syndicat des étudiants, et on s'en fout pas, on y va toultemps. Ils sont malins, ces anglais, ils mettent le bar à côté du gymnase, histoire qu'on vienne un peu reprendre ce qu'on a bêtement perdu en faisant du sport avant (du sport... Je me mets à dire des gros mots sur mon blog... Honte à moi.)

-7 : Le supermarché, Stratégiquement placé à deux secondes de chaque cité U. Ouvert 24h/24. Où qu'on achète les produits de première nécessité : bière, cidre, frites, waffles (les waffles sont des gaufres de patates) et pizzas. Si on aime les animaux, on peut essayer d'apprivoiser les rats qui sortent de la réserve la nuit, où les écureuils qui se baladent sur le parking. Une fois j'ai vu un renard aussi...


Ahaha, cette année-là, je peux te dire que c'était la bamboula tout le temps, comme ça :


Ah non, pas comme ça, en fait, plutôt comme ça :


...

Non plus. Comme ça?


Ah oui, voilà, comme ça. Oui, je sais, ça donne envie.


Mais on va commencer par le commencement, hein, parce que sinon, je vais pas pouvoir faire 40 notes de suite sans me fouler, et ça ça serait dommage.


Dooonc. L'année précédente, fin de Deug, tout ça, une copine que j'essaye de baiser séduire depuis un an et qui me repousse à chaque fois à coup de pied fait semblant de ne pas le voir me demande de l'accompagner pour qu'elle aille s'inscrire pour le programme Erasmus l'année prochaine, qu'elle s'y prend tard, mais qu'il y a encore des places et qu'il paraît qu'ils désespèrent un peu de trouver des candidats. Ça m'étonne un peu, mais bon, je me dis allons-y. Je suis aussi un peu surpris qu'elle me demande de l'accompagner pour s'inscrire, puis je me dis que c'est une fille, ça doit être un genre de réflexe, comme aller au toilettes à deux.


Bref, on se retrouve dans le bureau de Barbara (j'l'appelle Barbara, je suis son chouchou depuis que j'ai dû manquer un exam pour cause de crise de onsaitpasquoi le matin même. Ou elle est folle de mon corps, ou elle a pitié.). Ma copine s'inscrit, et Barbara me demande si ça me tente aussi. Je lui rappelle (avec mes yeux de cocker en full power) que je ne peux pas puisque je dois passer les rattrapages, vu que j'ai loupé un exam (je la sens prête à fondre en larmes, là). Mais apparemment, cette année, même nous les mauvais on peut partir, tellement ya de places vides. Bon, je ne pourrai pas choisir ma destination, mais je pourrai partir. Et puis c'est pas comme si je pouvais louper les rattrapages, vu qu'il me faut 1 de moyenne pour obtenir mon diplôme (et effectivement, je l'ai eu avec une sacrée marge, 5 de moyenne aux rattrapages, je me suis impressionné moi-même)


Mais il faut que je signe tout de suite. Je regarde ma copine, je me dis que je pourrai essayer de la baiser séduire pendant encore un an, et ni une ni deux, je signe le papelard. On remarquera l'intense réflexion, comme j'ai pesé le pour et le contre comme un malade avant de me décider.


Donc on part. Et ça va être pour Wolverhampton. Je me console en me disant qu'on a pas choisi. Entre temps, un autre pote a planté son année de licence, et comme c'est le deuxième chouchou de Barbara après moi (mais lui c'est pasqu'il avait des bonnes notes en Deug, c'est trop facile, il a même pas eu à fayoter comme moi), il part avec nous. Du coup on fera le voyage ensemble, lui et moi, et on découvrira à deux la pire calamité que le monde ait jamais connu : les trains anglais.


Bon, faut dire, on est pas super démerde non plus, Arnaud et moi (oui, il s'appelle Arnaud), et lui, comme un con, il a pris sa guitare en plus des deux sacs de 20 kilos qu'il a sur le dos. Arnaud c'est un peu le croisement entre un nain et un lapin souffreteux. Je crois qu'il fatigue un peu quand on arrive à Douvres. Je vois ça à la façon dont sa langue lèche le bitume. C'est con, c'est là que ça commence à être rigolo.


Déjà, pour prendre le train en Angleterre, faut être riche. 45£ le trajet Dover/Wolverhampton, c'est pas tout le monde qui peut se le payer. D'ailleurs, on peut pas, avec les sous qu'on a. Faut aller en retirer. 4Km aller-retour avec le barda sur les épaules. En fait le distributeur était à 10m de la gare, mais le mec qui nous a renseigné a dû se dire qu'on manquait d'exercice. Je l'aurais bien remercié comme il se doit à notre retour, mais il s'était éclipsé. C'est bizarre ces gens qui n'acceptent pas les remerciements. La timidité, sans doute.


On attend donc le train. 1h. 2h.

Nous enregistrons en ce premier jour de notre nouvelle vie une information capitale : Les trains anglais ne sont pas foutus d'être à l'heure. C'est une règle immuable. Jamais, et je pèse mes mots, je n'ai pris un train à l'heure, là-bas. Ah si, une fois. C'est con, il est jamais parti. Panne de moteur.


Mais je m'égare. Le train arrive, on monte, tout va bien jusqu'à Londres, on a confiance et tout, naïfs que nous sommes. Bon, va falloir traverser Londres en Métro, mais ça devrait aller. Sauf qu'on arrive en pleine heure de pointe, avec deux heures de retard. Et l'heure de pointe, à Londres, c'est pas appelé comme ça pour rire. On a une heure avant notre correspondance pour Wolverhampton. Le premier métro est bondé, je pense qu'il va y avoir plusieurs morts étouffés avant la fin du trajet. On prendra le suivant. Même topo. On prend donc notre courage à deux mains, ainsi que nos sacs et la guitare d'Arnaud, et on y va.


Je te laisse imaginer le bonheur des Londoniens qui nous ont vu arriver avec nos sacs de 25 kilos et la guitare. On a eu droit à deux ''Fucking Frogs'', à un ''bastards'' et à un joli ''motherfucker'' quand j'ai marché sur le pied d'une jeunette de 14 ans (la jeunesse, c'est vulgarité et compagnie aujourd'hui, tout se perd).


Bref, quand on arrive à la gare (Victoria ou Waterloo, je sais pus), il nous reste 5 minutes pour trouver le quai. On demande à un gars qui a l'air d'être un employé de la gare. Ouais, coup de bol, c'en est un. Coup de pas de bol, il sait pas parler sans son accent écossais. On lui fait répéter trois fois. Je crois qu'au bout d'un moment, il s'énerve un peu. Ayé, c'est bon, compris, merci. On court. Arnaud qui court avec 40 kilos sur le dos, c'est un spectacle qui me hantera toute la vie. En fait, il rampe rapidement, plutôt. Comme il fume, il crache ses boyaux. Je rirais si je n'étais pas dans le même état (sauf que moi, je fume pas).


On arrive au quai, et là, la deuxième grande règle des trains anglais nous frappe de plein fouet : Un train n'arrivera JAMAIS sur le quai où il a été indiqué. C'était donc ça, la file de cons qui s'amusaient à aller dans l'autre sens que nous et qu'on a du bousculer un peu pour passer. Je pensais qu'ils faisaient exprès pour nous faire chier, mais apparemment il y avait une raison...


On retourne donc, bien sûr, le nouveau quai est à l'autre bout de la gare, mais là la première règle joue pour nous, on aura largement le temps d'arriver. On entre dans le train, on s'affale dans le couloir, parce qu'au premier coup d'oeil on s'est rendus compte que c'était même pas la peine de penser trouver une place assise, et on n'entendra pendant 5 minutes que le bruit de nos respirations sifflantes. J'ai pus de jambes, quand je regarde mes épaules, deux gros hématomes se sont formés là où il y avait les sangles de mon sac... Je crois qu'Arnaud est tombé en syncope, mais je l'entends respirer, alors je m'inquiète pas. De toutes façons, même s'il était mort, là à côté de moi, je n'aurais pas bougé le petit doigt.


Le reste du trajet sera sans encombres, on aura même la chance même pas croyable de trouver un taxi libre à l'arrivée (denrée aussi rare qu'un neurone dans mon cerveau à la fin de cette journée, habituellement). Le chauffeur est pakistanais, et c'est super, parce qu'on les comprend mieux que les anglais. Je rêve à ce moment de l'Angleterre peuplée de gens qui parlent avec l'accent Paki, et qui portent tous des turbans. Un vrai bonheur. On arrive à la cité U, enfin la mienne, Arnaud il est chez les bourges, yavait pus de place dans celle là. Je lui dis bonne nuit pépère, je lui fais un bisou sur le front pour le rassurer, je le retiens quand mon bisou manque de le faire tomber (il est pas solide, c't'homme là) et j'entre dans le truc qui va me servir de maison pendant 10 mois.


Autant te dire, lecteur, que j'ai écrasé comme un salaud pendant facile 14h avant d'aller essayer de baiser de nouveau dire bonjour à ma copine qu'était arrivé deux jours avant moi.


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Dimé 21/02/2009 02:46

J'en ai la larme à l'oeil... Quoi que, me voir avec des cornes sur la tête, voilà un souvenir que j'aurais aimé enterrer à jamais ! ;-)

cubik 17/11/2006 12:56

(ciel j'ai égaré mon carburateur) ah ça, les espoirs d'espèrance feront toujours la différence

tibou 16/11/2006 22:48

bar sur aube, nigloland.Si yavait des truc bien en Meuse, ca se saurait :)(va falloir que je fasse le ménache demain, moi...)

Cécile 16/11/2006 22:38

bar sur aube ou bar le duc?zut je sais plus...( tain j'suis entrain de flooder chez toi là)( tu m'excuses j'en mets partout)

Cécile 16/11/2006 22:36

et c'est pas gentil de dire du mal de bar le duc... y'a nigloland pas loin et c'est drole !