Le merveilleux voyage de Tibou à travers le Nancy

Publié le par tibou

Réveil, par la voix rauque et sucrée de Huey, le chanteur des Fun Lovin' Criminals. Mais sucrée ou pas, la dite voix, enfin la mini-chaîne d'où sort la dite voix, se prend la traditionnelle baffe que je lui destine chaque matin. ''Yeah we're all, very worried about ycrshttttt * plop *'', lâche le haut-parleur avant de rendre l'âme. S'il était si inquiet, le Huey, hein, il me réveillerait une heure plus tard. Enfin, il s'agit d'une combattante courageuse et tenace, je dois l'avouer. Chaque matin, elle essaie, inlassablement. Et chaque matin elle se prend sa claque. Infatigable. Je me dis qu'elle est un peu con.


6h30, bordel ! Et tout ça pour quoi, hein? Pour aller se faire garnir d'aiguilles en tous genres au CHU. Oui, parce que te rappelles-tu, lecteur, de mon petit incident du mois dernier? Hé bien il faut que je retourne dans ce joyeux pensionnat où j'ai passé la meilleure semaine de ma vie pour une 'visite de contrôle', histoire qu'ils prennent des nouvelles, parce qu'ils sont very worried about me, tu vois? Enfin, ils sont surtout vexés de n'avoir pas trouvé ce que j'avais, j'ai l'impression. Alors ils se vengent comme ils peuvent, ces mesquins.


La vie, des fois, c'est vraiment une tartine de merde.


Bon, lever, tête dans le cul, je me cogne bien sûr la tête contre la poutre de la chambre, pousse quelques jurons que la bienséance me pousse à retranscrire intégralement ici : 'Bordel de pute de couille à merde!'. Ça va tout de suite mieux. Descente des escaliers, je glisse deux fois, me raccroche à la rambarde à la dernière seconde et manque de me mettre la plus grosse écharde de la création dans le pouce droit.


La routine, quoi.


Douche. Comme d'hab, je commence à entonner, de ma belle voix mâle et rauque et sucrée encore plus que Huey qu'il est jaloux mais je reste humble, 'la bonne du curé'. Comme d'hab, les corbacs du coin s'enfuient en poussant des cris d'agonie (deux d'entre eux sont d'ailleurs foudroyés sur place), comme d'hab ma mère fait de même, et comme d'hab mon pécroute de voisin, qui a préalablement mis ses boule quiès (je crois qu'il a des problèmes de sensibilité au niveau du tympan, le pauvre homme) me remercie des pouces.


Ptit déj, vite expédié, je regarde le temps dehors. Bien entendu il pleut, sinon, c'est pas drôle. Je sors le vélo, l'enfourche héroïquement (oui, héroïquement. Il pleut, merde!), et c'est parti pour une matinée pleine d'activités.


Je passe sur le train, sur ma crise d'apoplexie devant la machine et le prix du billet, ainsi que sur la vieille qui m'a demandé si je savais lire l'anglais et que j'ai bien sûr poliment massacré à coups de barre à mine. Hop, Nancy.


Il y a un truc que le monde nous envie, à Nancy. Enfin, que le monde nous enviait. Sisi. C'est bien sûr son tram. Je crois qu'on n'a jamais fait autant rigoler la planète qu'avec ce machin. Il faut savoir qu'à son lancement, lecteur, le tram de Nancy ne fonctionnait pas sous la pluie, ce qui pourrait être un critère acceptable pour relier deux villes dans le Sahara, mais qui lui enlève à peu près 95% de son utilité dans notre bonne vieille capitale de la Lorraine. Ensuite, il y eut les déraillements, à raison d'environ un par semaine, pendant 6 bons mois. Et je ne parlerai pas du look de la bête, une charmante amie l'ayant qualifié de 'fourmi à roulette', fin de citation.


Bref, on l'aime, il nous ressemble. Enfin, surtout aux Vosgiens.


Mais ce matin, le tram, il a pas été rigolo.


Heureusement, le docteur (enfin, la doctoresse) qui m'a reçu, elle elle a été super rigolote.


'baissez votre pantalon, et tournez-vous'. Comme ça, direct.

J'ai failli lui dire qu'on se connaissait à peine, mais elle l'aurait peut être mal pris. Quand je l'ai vue enfiler un gant et le lubrifier, je me suis dit que finalement, j'aurais dû, après tout, hein, son doigt, j'allais sûrement mal le prendre aussi...


T'ai-je déjà dit, lecteur, que la vie des fois, c'était vraiment une tartine de merde?


Après ma mise à l'index rectale, elle a eu l'air vachement plus détendue. Quand je te dis que c'est rien que des sadiques, les docteurs... Comme prévu, donc, cette visite n'a eu pour effet qu'une légère douleur fessière et une grosse blessure de plus à mon amour propre.


Retour en tram, donc, on a failli écraser un scooter qui finalement s'est viandé tout seul comme un grand, il a du péter son carbu de 45 et son pot ninja, quel domââââââââge. Arrêt à la librairie, c'est la fête de Cécile, et je vais lui trouver le bouquin dont j'ai parlé hier. Comme prévu, je repars avec 5 livres sous le bras alors que j'en ai une vingtaine en attente à la maison, et je me rappelle pourquoi je ne vais que rarement en librairie...


On va dire que c'est bientôt Noël, hein.


Dans le train, pour changer un peu, je sors la bd que j'ai acheté précédemment. Sortir un comic book de super héros dans le train, ça donne un peu le même genre de réaction chez la vieille courge que sortir un livre en anglais, sauf que l'air interloqué, au lieu d'être vaguement admiratif (genre 'qu'est ce que tu es fort, Tibou!' ,ce à quoi je réponds par mon air breveté 'allons allons, vieille courge, ce n'est rien, remets ta petite culotte, heuuu, ta couche'), il est franchement méprisant (genre 'Tibou, tu en es encore là? Quelle déception!', ce à quoi je réponds par mon air breveté 'si tu veux, je peux aussi le rouler en cône et te l'enfoncer dans le cul par le bout pointu, chère vieille courge'). J'aime le train.


Faudra que j'essaie avec un comic book en anglais un jour, ça risque de les déstabiliser au niveau du regard (genre 'quelle déception que tu sois aussi fort, Tibou!'. Faut que je réfléchisse encore à l'air breveté que je prendrais.)

Publié dans tiboudblog

Commenter cet article

erienne 12/08/2008 08:28

Il faut une assurance vie pour prendre le tram. Je me rappelle une fois à ces débuts, il ne montait pas la côte de vandoeuvre pour aller au CHU. Assez flippant quand même ! Et pour la librairie à nancy, le hall du livre est ouvert le dimanche, comment résister ! je me fais avoir à chaque fois.

cubik 23/11/2006 12:50

ahlalala, heureusement que la docteur a pas trouvé la capote de coke qui te permet de mener cette vie de feignasse >)

Cécile 22/11/2006 17:54

Ciel je suis à l'origine d'un abus de librairie !vite un avocat je plaide coupable votre honneur...( merci m'sieur t'es un zamour)