n'iiiiiiimporteuquoiiiiii

Publié le par tibou

Il m'arrive un truc bizarre.


Oh, ne t'attends pas à des révélations fracassantes, à un truc de dingue, échevelé et digne d'un James Bond sous speed comme je t'y ai habitué avec mes superbes chroniques de la Bête. Non non non. Là je m'interroge.


Alors introspection chiantissime au programme.

Simplement, il m'arrive un truc bizarre. Je me suis toujours dit qu'un blog, tu vois, c'est un grand ''MOI JE'', une espèce de cri d'égoïsme pur dans le vide intergalactique qu'est la toile, qui fatalement n'intéresse personne, puisque trop personnel. Faut croire que je me suis trompé, puisque j'ai droit à des commentaires. Et ça, ça me trouble d'autant plus que les commentaires les plus nombreux et développés viennent en général des notes les plus personnelles. Et je ne parle pas seulement, ni même principalement des petits mots en bas de notes, certes sympathiques et qui parfois font plus de le bien dans ton petit coeur tout mou qu'un long discours, mais de mails ou de témoignages MSNesques (notamment de la communauté gériatrique Bretonne), et même de réponses de visu.


Ça me fait tout bizarre (Quoi je l'ai déjà dit? C'est ton blog? Ton MOI JE? Mmmmh? Aloooors?), j'ai un peu l'impression de parler à des gens (mon Dieu, des GENS!), ce qui n'était pas le but du tout au départ. Je dois avoir l'air con à découvrir les effets secondaires du blog, je sais, je débarque. Mais j'ai commencé alors je vais jusqu'au bout.


Bizarrement (j'ai décidé de dire décliner le mot bizarre jusqu'à ta nausée, t'es prévenu), ce sont les témoignages de gentillesse qui me troublent le plus. Les menaces d'excommunication (on dit comme ça? On s'en fout? T'as raison), ça ne fait ni chaud ni froid (d'ailleurs, mon amie extrémiste, si tu rêves toujours de m'excommunier en te masturbant (mais la lumière éteinte, soyons respectueux) frénétiquement avec ton crucifix, sache que ton éventuel succès fera deux heureux : toi et moi. Ben oui, je cherche à faire annuler mon baptême sans me convertir à une autre religion depuis mes 14 ans. Alors si tu as un truc, je te pardonnerai ta luxure nocturne. Même, à la rigueur, je pourrais tenir le crucifix. Tu vois, je suis bon )) . Les messages du genre ''je me retrouve dans ce que tu écris'', ça aurait limite tendance à me mettre les jetons, à me bloquer. Pas que ça ne me touche pas, bien au contraire, mais je me retrouve dans une situation à laquelle je ne m'attendais pas : je suis lu. Et même, je suis lu attentivement et parfois même (mais là je m'avance) apprécié, et là, ça me troue le cul, si tu veux bien me pardonner cette expression quelque peu triviale. Parce que personnellement, je serais incapable de dire cela à quelqu'un que je connais très peu. Écrire ce genre de choses, c'est se mettre vraiment en danger. Tu me diras sans doute à ce moment qu'écrire certaines des notes précédentes, c'est se mettre autrement en danger que cela. Certes, certes, mais je ne suis pas à une contradiction près.


Ce que j'écris, ce n'est pas un dialogue, je ne m'adresse à personne d'autre qu'à moi, dans ma tête, contrairement à un commentaire sur la note de quelqu'un d'autre. Elle, j'adore ce qu'elle fait. Je meurs de ne pas pouvoir rendre les choses comme ça, à la fois si simplement dans le ressenti et si complexe dans le processus... Et pourtant, je suis incapable de le dire autre part qu'ici. Dès que j'essaie de commenter ses notes, c'est le blanc, les sueurs froides, le vide intersidéral, les platitudes qui se pointent en rengaine, forcément indignes de la force et de la justesse de ce qui se passe juste au-dessus, ou la loghorrée vomitoire, narcissique et antisynthétique qui ne fait que plonger l'auteur dans le ridicule... C'est tout caca, en fait.


De la même manière parler de ce que j'écris, à des gens (mais merde, quoi, des GENS, bordel !!) ça me met un ptit peu le trouillomètre à zéro, et si je ne me contenais pas si bien, je ferais même parfois pipi dans ma culotte. Un peu coincé de l'empathie, bloqué de la communication.


Le week-end dernier, j'étais chez des gens bien (et que j'irais même jusqu'à qualifier de gens qu'ils me font du bien dedans. Là. Non, là !) qui lisent mon blog. Ça m'a frappé à ce moment : tu ne peux plus reculer, ce que tu écris, les autres le savent. C'est la règle du jeu, qui est restée abstraite jusqu'à ce moment-là. Mes amis me lisent, et gardent ces écrits dans leur esprit. Ce que je couche sur l'écran change leur perception de ce que je suis. Et ils veulent en parler. Et ça me terrorise.


Si.

Mais surtout, toi (non pas toi, copine, toi tu peux me demander c'que tu veux, tu le sais), qui me ponds mail sur mail dans le seul but de me faire comprendre à queeeeeeeeeel point on se ressemble et qu'on a la même vie et que tu vas appeler tes enfants Tibou (oui, j'extrapole, là, ça se voit tant que ça? C'est si pas crédible que ça qu'on veuille baptiser ses enfants Tibou?).

Toi plus que tout, tu me fais peur.

Quelle preuve as-tu que ce que j'écris correspond à une queconque vérité? Que je n'invente pas tout ou que je ne puise pas mon inspiration dans la vie de mon caniche nain rose (qui au passage s'appelle Kiki au cas où tu voudrais baptiser tes enfants par rapport à lui, finalement)? Que j'ai un caniche nain rose? Que ce blog n'est pas une expérience scientifique destinée à étudier la crédulité des gens, comme ce prof de Nancy qui placardait des avis de recherche de jeunes filles autour de la fac et a provoqué une véritable psychose pendant 3 semaines dans le seul but d'étudier les effets de la rumeur et du bouche à oreille chez l'être humain? Que j'ai un pyjama Bidochon et que je raffole de la glace vanille noix de pécan? Oui, toi, toi, par dessus tout, tu me fais peur.


 

(Et si ça se trouve, en fait tu as un caniche nain rose, et là, je hurle, j'te préviens)


Mais bon, avec ça, je rencontre virtuellement des gens (j'en reviens encore pas, tu m'excuses, mais des GENS, te rends tu compte?) nouveaux, sympathiques, attachants, timbrés, (vieux, certes, parfois, mais pardonnons-leur ce petit défaut) et doués comme c'est pas permis. Alors bon, on va faire un effort, paraît que ça vaut carrément le coup. En tous cas je le pense, c'est déjà un sacré progrès.


Ptain, le ramassis de crétins qui me lit me fait avancer, quand je dirai ça à mon psy que j'ai pas ! (désolé, hein, personne n'est à l'abri d'un accès de sincérité)

Publié dans tiboudblog

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auroress 09/12/2006 00:12

ouh le Bisounours euh !

Crétine d'honneur 01/12/2006 19:59

Wouééééééé! Un titre honorifique!!! Chic :o)

tibou 30/11/2006 21:18

toi, t'es une crétine d'honneur, c'est tout.

Susie 30/11/2006 20:41

Moi je me reconnais surtout dans ce que dis Patxi. Point Barre!
(et oui, j'arrive après la bataille et en plus pour rien ajouter de constructif, mais m'en fous c'est mon commentaire MOI JE d'abord!)

Nelly 29/11/2006 01:13

Aha ! Moi tu m'as rangé dans le "me lit" ce qui est forcément doublément interprétable et va rendre toute la gent féminine jalouse et matthieu aussi et kuk n'en parlons pas, ha ha ! Moi aussi je t'aime tiens copain et je me reconnais dans ce que tu lis, et j'appellerai mes enfants tibou et monsieur_claude, on dirait du Pennac même.