dis moi oui... Andi!

Publié le par tibou

Ahahahaha, les joies d'internet! Si je te disais lecteur, que je suis une buse complète en tout ce qui concerne l'ordinateur, et que j'ai passé deux heures hier à simplement comprendre comment faire un kjhdiuhfl de copier/coller sur ce ijhwfojfwm de blog, me croiras tu? Et bien tu le dois. Mais c'est bon, ménant. Je maîtrise. Alors toi lecteur, qui pouffe sur ton ordinateur en lisant ces lignes (oui oui, cubik, je te vois :) ) , sache que les moqueries et autres joyeusetés seront traitées avec le mépris hautain qui me caracctérise et une arrogance de bon aloi. Tu es prévenu, lecteur. Bon, maintenant ayé, j'envoie la purée.

Il y a quelques années (en 2002 pour être précis) sortait un album, l'un des premiersde la nouvelle collection de Casterman, Ecritures. T'en souviens-tu, lecteur? Oh, il n'a pas fait énormément parler de lui, malgré une qualité manifeste, bouffé qu'il fut par le rouleau compresseur Quartier Lointain. Narrant les déboires d'un couple britannique au chômage dans les vertes (enfin plutôt noires, c'est un bassin houiller, là-bas) contrées des West Midlands, Breakfast After Noon nous balance surtout le talent énorme d'Andi Watson en pleine face (et c'est là aussi qu'on voit que je choisis mes titres comme personne).



Ce qui frappe avant tout chez Watson, c'est la grande concision qu'il apporte dans tous les secteurs de son travail. Le trait en lui-même, très épuré et stylisé. La mise-en-page ensuite, très sobre, qui accompagne parfaitement le récit d'une relation qui se délitte lentement. Parce que, non content d'être un putain de dessinateur, Ce monsieur se paie le luxe de nous servir une histoire bluffante de justesse. Tout y est : le quotidien de Rob et Louise déroule sous nos yeux à un rythme lent, fait ressentir le temps qui passe. Quelques rares temps forts viennent relancer l'histoire au bon moment. Surtout, Watson, par ce refus presque total du spectaculaire et l'attachement aux petites choses de tous les jours, les frustrations, les petites vexations quotidiennes, tisse un lien profond entre les personnages et le lecteur, s'aventure dans le domaine complexe de la relation à l'être aimé, et en dépeind magistralement l'usure chaque jour un peu plus profonde.

Bref, je ne vais pas aller par 4 chemins, lecteur, plus je lis Breakfast After Noon, plus je me dis qu'il s'agit d'un livre rare, écrit par un gars qui a tout compris à ce qu'est la bande dessinée.

Et comme Casterman a l'air de ne pas vouloir éditer un peu plus de bouquins de ce grand monsieur, il va falloir aller piocher du côté de la V.O pour dénicher ses autres perles, et comprendre un peu son parcours.

Watson a travaillé pour deux maisons d'édition. La première, c'est Slave Labor graphics, où ont été publiés ses premiers travaux : Samouraï Jam, et les Skeleton Key. Je te confesse, lecteur, que je n'ai pas encore jeté un oeil sur ces livres-là. Honte à moi. Puis il y a Slow News Day, sorti en 2002, qui se rapproche énormément de Breakfast Afternoon dans le ton. Et il s'agit tout simplement du meilleur album d'Andi Watson. Comme souvent chez lui, la trame de fond (une jeune américaine part travailler dans un journal local au fin fond de triffouillis les oies, Angleterre, et pense terminer là-bas le script de la sitcom qu'elle écrit en collaboration avec son petit ami) sert de pretexte à narrer une relation homme/femme. Watson est graphiquement au sommet. Il a atteint ce stade ou chaque trait fait sens, modifie subtilement l'expression du visage, la silhouette... Comme dans Breakfast After Noon, c'est le rythme de la relation, les changements minuscules dans l'attitude de chaque personnage envers l'autre qui donne le tempo du livre. Une amitié qui se noue, et qui devient imperceptiblement autre chose. C'est précisément cette discretion, ce côté imperceptible qui donne toute sa saveur aux livres d'Andi Watson.

slow news day

La seconde, c'est Oni Press. Ici ont été publiés Geisha, un livre un peu hybride, entre SF et vie quotidienne. Le trait de Watson a cette époque se rapproche du manga, par l'usage du SD, principalement. On suit les péripétie d'une jeune androïde artiste, dans un monde où les synthétiques sont des objets sexuels. Elle deviendra garde du corps pour un mannequin, et se retrouvera embringuée dans une histoire de mafia. Disons-le, ce n'est pas le Comic le plus intéressant de son oeuvre. Son trait se cherche encore beaucoup, le découpage a tendance aussi à se rapprocher de celui du manga, avec beaucoup d'effets pour pas grand chose. Watson tente déjà d'épurer son récit, mais trop de déchets persistent. Sur ce point, les nouvelles autour de Geisha en fin de volumes sont bien plus satisfaisantes. Pas un mauvais album, mais un album un peu brouillon, au style pas encore vraiment maîtrisé.
 geisha

Puis vient Breakfast After Noon dont je t'ai parlé précédemment, lecteur. Et puis le petit dernier, qui étonne beaucoup : Love Fights. Pour la première fois dans ses travaux indé, Watson aborde le super-héros. Oh, pas pour faire du comic de super-héros, non, pas du tout, mais pour le confronter à la réalité. DAns cet univers, les super-héros sont les people, et ont chacun leur propre comic-book. Le héros dessine le comic du Flamer, l'héroïne bosse pour le Voici des super-héros, nommé Expose. Love Fights, c'est avant tout une histoire d'amour, une romance qui se met en place. Mais c'est aussi plus que cela. A travers son héros dessinateur, Watson démonte le mythe du super-héros d'une manière inédite, se moquant ouvertement du système d'édition des grosses boîtes Marvel et DC, de leur continuité inepte et inutile, des ficelles scénaristiques grosses comme des cables d'amarrage de paquebot, des fanboys prêts à tout pour avoir la rareté qui manque à leur collection tout cela simplement en confrontant ces icones aux gens de tous les jours, avec leurs préoccupations de tous les jours. Si Love Fights n'est pas parfait, tombant parfois dans le piège de se complaire dans ce qu'il veut casser, il possède une fraicheur unique.
love fightslove fights 1

Et puis Watson a aussi travaillé pour dark Horse, surtout pour la série Buffy, mais j'avoue, lecteur, n'y avoir pas jeté un oeil. Mais tu sais ce qu'il te reste à faire, hein? Cours, lecteur, cours! Lis donc Breakfest After Noon, et si tu l'as déjà fait, rue toi sur Slow News day. Hophophop.

Publié dans bouquins - disques...

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Commenter cet article

Vanz 15/02/2006 14:54

Bonjour,je suis sur Paris mais impossible de trouver Skeleton Key d'Andi Watson.Avez-vous une solution ?

june 18/06/2005 10:07

PAAAF !
ca a pas loupé... 8)

tibou 17/06/2005 15:12

cubik> sur amazon, la vo est pas chère (et la baffe que va me mettre june pour ce ptit mot va etre gratos :o)) )

thorn> c'était avant, ce. maintenant je suis un ermite, je vis dans ma voiture, j'écris dans ma voiture, je fais caca dans... enfin tu vois, quoi...

Thorn 17/06/2005 13:37

Et t'as le temps de lire, maintenant que tu prends des leçons de conduite ?

cubik 17/06/2005 13:34

'tain, t'as les moyens pour lire en vo
'spece de bourgeois

pis tu dessines plus comme avant
t'as change