Walk down the right back alley in Sin City and you can find...

Publié le par tibou

...Anything... suis un peu, lecteur psychopathe !

Sin City, donc. Autant le dire tout de suite, j'ai beaucoup aimé les 4 premiers tomes du comic book de Frank Miller, les autres ...bon, ne parlons pas des autres, de toutes façons, l'histoire du film reprend seulement les tomes 1, 3 et 4. Alors, me diras-tu, lecteur impatient, joie, déception, félicité, horreur, jouissance, vomi ? Pas grand chose de tout cela, en fait.

On ne peut pas dire que Rodriguez et Miller se soient "inspirés "du comic book, en fait ils le reprennent quasi tel quel, presque au plan près. Autant pour l'effet de surprise, mais au moins, ça permet de s'interesser à l'adaptation cinématographique en elle-même. Et la première question que l'on se pose, c'est : pourquoi vouloir reprendre 3 tomes plus deux nouvelles du tome 6), alors qu'ils n'ont que peu à voir entre eux niveau intrigue.J'ai cherché, lecteur, j'ai cherché, longtemps, et finalement... Je n'ai toujours pas trouvé. ou plutôt si, c'est pour une bête histoire de temps. Le film aurait été trop court avec seulement la trame de The Hard Goodbye, par exemple. Raison purement technique, donc. Dommage.

Mais ça n'est pas grave, nous disons-nous, lecteur, et effectivement, ça ne l'est pas. Après tout, chaque histoire deSin City  tient sur un timbre-poste, l'important, c'est l'ambiance, le grand guignol, le côté too much des personnages, des situations, de la ville en elle-même. Car c'est elle le personnage principal des ouvrages de Miller.

1ère constatation : le générique en met plein la vue, et la musique a l'air d'être au niveau, déglinguée, jazzy, avec quelques relents rétro... Ca commence bien... mais ça ne dure pas. Rodriguez et Miller ont choisi un noir et blanc très propre, trop propre, pas de grain, rien... CA pourrait rendre bien, mais ça ne fait qu'asseptiser un film qui devrait sentir sous les bras. La seule odeur ici qui pourrait se dégager, c'est celle de l'antiseptique d'un hôpital. Constat qui est renforcé par quelques scènes assez surréalistes. Quand Dwight Mc Carthy est secouru de la fosse à goudron sur la colline, miraculeusement, ce goudron ne colle pas à son manteau, ou si peu... La violence est présente, mais elle est complétement esthétisée, sauf en quelques rares occasions. Le résultat est une distance entre l'action est le spectateur, distance qui se révèle souvent catastrophique, et une seule fois heureuse.

Oui, car cette distanciation n'aide pas à croire au personnage de Marv, et encore moins à celui du "Yellow Bastard". Marv, d'abord, qui manque de présence. peu impressionnant, Mickey Rourke alterne certaines séquence où il se révèle pataud, lourd, lent, et d'autres, assistées par ordinateur, où il virevolte, saute d'un 7e étage sans dommage... La dichotomie est trop importante. Je veux bien croire qu'il a été choisi sur son physique, mais son manque de présence pour toutes les scènes où il n'y a pas la béquille de l'ordinateur se révèle  limite ridicule, et rend les autres scènes complétement outrées. Erreur de casting énorme. Heureusement, Elijah Wood sauve le tout, excellent en psychopathe tueur à la tête de premier communiant

Le Yellow Bastard, maintenant... Comment dire, tellement nous n'y croyons pas? Cette distanciation dont je parlais précédemment ne colle pas avec cet individu jaune et vraiment extrême. Pas vraiment d'erreur de casting, non, surtout une maladresse de mise en scène. Dommage, dommage, dommage.

Par contre, pour Bruce Willis en flic fatigué et bourru, rien à dire, de toutes façons, c'est pile dans son registre. MAis la palme va à Benicio Del Torro en taré mysogine, violent, pathétique, et ... drôle. C'est d'ailleurs l'histoire où il apparaît (The big fat Kill) qui se revèle de loin la plus intéressante dans le film, alors que c'est probablement le plus faible des tomes choisis pour l'adaptation. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle laisse la part belle à l'action, et se permet un grand-guignol (la scène de la mort de Jackie Boy/Del Torro, où celle dans la voiture) rafraichissant. Tout s'enchaîne parfaitement, sans temps mort, c'est tellement gros et absurde que le rire est de mise, c'est franchement réussi. 

Le gros défaut de Sin City, plus encore que tout ce qui a pu être relaté plus haut, c'est sa longueur. Ou plutôt ses longueurs. On s'ennuie, il n'y a pas d'autre mot, pendant une bonne partie du film. Manque de rythme flagrant, et rhédibitoire, qui plombe totalement le film. Plus encore, on ressort en se disant "et alors?". On ne sait pas du tout où Rodriguez et Miller ont voulu en venir, et le film laisse une impression énorme de vacuité. Ce choix de départ d'adapter trois histoires sans lien ne débouche sur absolument rien. Aucun lien, et par conséquent, chaque histoire reflète le vide des autres.

Gâchis, gâchis, gâchis. Parce qu'il y a de très bons moments, Parce que ces bons moments donnent une idée de ce que les réalisateurs auraient pu faire. Gâchis et vide, c'est le duo de sentiments à la sortie de Sin City.

Publié dans bouquins - disques...

Commenter cet article

vimaire 26/09/2006 19:37

et merde...j'ai du louper un truc, mon précédent commentaire ne s'est pas affiché.vu que j'ai une flemme de manchot de tout retapper (et que si ça se trouve mon post va encore foirer:)), je vais faire synthétique:blabla moi j'aime bla bla grave!bla super persos destroy bla grave et super ambiance comics bl bla.adaptation bien vue bla bla super copié/collé bla blaet maintenant je kiffe les bd aussi.une suite? bla bla super mauvaise idée.

Guillaume 18/08/2005 08:13

Moi j'ai vu le film, pas lu les bds, et je suis tout à fait d'accord avec toi, les trois histoires sont trop détachées les unes des autres et l'ambiance n'est pas assez soutenue. On doit faire parti des rares à critiquer ce film que la majorité des gens adore.

Nelly 02/07/2005 16:05

T'écris trop bien toi. Moi, j'ai bien aimé le film, mais aintenant que je te lis suis assez d'accord avec toi sur les défauts. Comme j'avais pas lu la BD, j'ai un peu tout découvert d'un coup, et j'ai eu vachement de mal à faire le tri entre les différentes histoires quand meme.