les disques qui marquent (1) : The Pogues : If I Should Fall from Grace with God

Publié le par tibou

Hop, histoire de ne pas s'encrouter de trop, je crée une nouvelle rubrique, gentil lecteur. Bon, je ne vais pas dire qu'elle est particulièrement originale, pardon pardon. Mais elle me permettra au moins de faire un p'tit bilan des albums, bandes dessinées, livres, films, même, soyons fous, qui m'ont particulièrement marqué et ont forgé ce goût très sûr qui s'étale devant tes yeux à chaque fois que je mets à jour ce blog, c'est à dire des fois. Et puis comme je déteste les listes, ouvrir une rubrique esqueprès pour ça m'obligera à développer au lieu de faire ma feignasse dans le jardin.

Il n'y aura pas d'ordre, la dedans. J'aime pas les classemements. Alors ça sera plutôt un joyeux bordel dans lequel il faudra te retrouver, lecteur persévérant, et où, j'espère, tu trouveras parfois matière à écouter/lire/voir.

Bon voyage...

the pogues if i should fall from grace with god

Un album que je ne pensais pas aimer autant, et aussi longtemps. Découverte : 92, totalement par hasard, puisque mon frère l'avait récupéré je ne sais où. Et comme il aimait bien me déranger quand je lisais mes bouquins de la bibliothèque verte, ce salopard, j'ai pris le premier titre de la galette à un petit 120 décibels dans les esgourdes.

Ca marque. Je te jure, lecteur sourd, ça marque. Parce qu'il ne faut en aucun cas se fier à cette couverture sage (qui contraste d'ailleurs pas mal avec celles de leurs précédents albums, entre le logo de Red Roses for me qu'on croirait tiré d'un album de Death Métal et la couverture de Rum Sodomy and the Lash (quel titre, bon dieu, quel titre!!) et son détournement du Radeau de la Méduse, on s'attendait pour ce troisième opus à plus d'exubérance), ce disque en a dans les tripes. Et pas qu'un peu. Rythme effréné, dansant en diable, mélodies imparables, un groupe solide et une voix, bon dieu, une voix ! Eraillée, vacillante, avec une morgue incroyable, toujours à la limite entre le chant juste et le gros n'importe quoi, je te présente Shane Mc Gowan, lecteur bruitiste, l'édenté touché par la grâce. Le mec capable de te vomir à la gueule un brûlot tout droit sorti de l'enfer et l'instant d'après de sortir de ses cordes vocales noyées de bière  la chanson la plus poignante que tu aies jamais entendu. Un poète déglingué et alcoolique, un cliché à lui tout seul.  

Les Pogues, en 89, à la sortie de If I Should Fall from Grace with God, sont en plein succès. Rum Sodomy and the Lash, produit par Elvis Costello, et renfermant leur chanson la plus connue, Dirty Old Town, s'est très bien vendu pour un album de label indépendant, et il est évident qu'ils rentrent en studio avec un budget conséquent. Un véritable tournant, pour un groupe qui revendique bien haut son côté punk et a enregistré deux disques de Folk Irlandais à la production sèche et minimaliste. Là, ils se retrouvent avec un orchestre conséquent, un son léché. Le changement est énorme, d'autant plus que Cait O'Riordan, l'ancienne bassiste, est partie convoler avec Costello, et que deux nouveaux membres intègrent le groupe. On craint les Pogues assagis. On se trompe lourdement, comme le prouvent les trois premiers morceaux de l'album, et surtout Bottle of Smoke, probablement le titre le plus violent de leur répertoire, où Mc Gowan débite une histoire de canasson s'appelant Bottle of Smoke (!) à un rythme hallucinant tandis que Spider Stacy hurle à s'en péter la voix. Le plus grand nombre de musiciens et le son font leur effet. Les titres sont compacts, assez lourds, sans être gras. Autre changement, et de taille, Les Pogues avec ce disque, sortent parfois de leur registre habituel, et s'essayent à de nouvelles sonorités (Turkish Song of the Damned, Fiesta...) avec réussite.

Mais Mc Gowan et sa troupe ne sont jamais aussi forts que lorsqu'ils sortent une ballade mélancolique, et ils le prouvent sur ce disque avec l'énorme Thousands are Sailing, chanson sur le mal du pays des Irlandais partis pour le Nouveau Monde pour échapper à la famine qui ravageait leur île.

If I Should Fall form Grace with God n'est peut-être pas le meilleur album des Pogues, et la version CD, qui contient deux morceaux (très dispensables) en plus, n'aide pas à voir toute la cohérence du disque original. Mais il reste un essai remarquable, sincère, et porté par une brochette de musiciens doués, un tournant très bien négocié pour un groupe qui avait beaucoup à perdre à se mettre en danger de la sorte. Ils en sont ressortis grandis.

Publié dans bouquins - disques...

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:0073:CHEMINO KAOS 18/02/2006 20:37

ah !!! LES POGUES ca sent bon la bonne biere Irlandaise !!! ;-)

Zapotek 30/08/2005 19:06

C'EST le meilleur album des Pogues: aucun doute là-dessus (connais pas les deux morceaux supplémentaires du CD, j'ai le vynile édition originale)

cubik 10/07/2005 09:22

'spece d'alcoolique!

patxi 09/07/2005 20:13

après cette note sur les Pogues, ton blog sentira la bière à tout jamais, ah bravo. (mais c'est bon les Pogues)

crepp 09/07/2005 17:15

j'espère retrouver dans ta liste un certain groupe :o)